COVID 19 et les effets sur l’industrie de la mode

L’industrie de la mode a toujours été à la une des scandales relatifs aux conditions de travail de la planète « fast fashion ». Entre travail des enfants et désastre humain, il devient urgent de faire quelque chose. C’est alors que la responsabilité sociale des entreprises en abrégé RSE a vu le jour dans les années 90. Ce concept s’applique à toutes les entreprises. Le concept RSE vient mettre le volet social au centre du développement durable. Il n’est plus question d’exploiter les travailleurs et travailleuses dans l’optique de maximiser les profits. La santé des travailleurs devient alors une priorité pour toutes les entreprises. Néanmoins, certaines entreprises continuent de passer outre et la situation actuelle de la pandémie de COVID 19 nous montre que ce combat est loin d’être gagné.

L’accroissement des « sweatshops » généralisé

Les « sweatshops » existent depuis belle lurette. Il s’agit d’un atelier de fortune qui allie la perfection, la médiocrité ;extrême misère en son sein. Si l’on croyait que ce type d’usine n’existait plus, fort est de constater que les ateliers d’exploitation sont toujours implantés dans les pays émergents.

Pour la petite histoire, la fin du XVIIIe siècle marque la première industrialisation en Angleterre. Des entreprises régulières embauchent et exploitent officieusement femmes et enfants dans des manufactures miteuses. Ce phénomène d’arrière-boutiques va prendre de l’ampleur dans le West End, pour ensuite se répandre aux États-unis, en France et dans tout le globe. Bien que chacune de ces structures avait ses spécificités, le principe restait le même à savoir la maximisation des profits à tout prix.

De nos jours, les sweatshops se cachent derrière le droit du travail local, caractérisent de grandes usines implémentées au sein des pays en voie de développement et travaillent en étroite collaboration avec certaines multinationales.

La sous-traitance devient le principe

Créé en 1964 sous l’appellation de BRS, Nike va se servir des sweatshops et les populariser dans le but d’atteindre ses objectifs égoïstes. Au départ de son activité, l’entreprise va utiliser des techniques de production contraires à celles de ses concurrents. La fabrication de ses produits se fera en grande partie dans les pays développés.

L’entreprise va ensuite confier la production de ses articles à des sous-traitants des pays d’Asie, car à ce qu’il parait, le prix de la main d’œuvre y est dérisoire et minable. C’est ainsi que Nike va investir 1 000 dollars pour un départ et gagner 4,8 millions de dollars de revenus au bout de 10 ans. Tout ceci uniquement pour 250 ouvriers et ouvrières direct (e)s. Il y aura ensuite des décentralisations succinctes et une multiplication de la fabrication simultanément avec le développement de la « fast fashion ». La production des articles va prendre une grande envergure. La marque passera ainsi de 175 styles en 1980 à 1 200 en 2000. Raison pour laquelle l’entreprise sera contrainte de passer à une production à flux tendu c’est-à -dire une production essentiellement basée sur la demande, avec épuisement des réserves. Ce système de flux tendu a montré tout de même ses limites avec Denim’s Industry, une usine du Bangladesh.

En effet, l’entreprise Arcadia-Topshop, Burton avait posé un refus de paiement d’une somme de 9 millions d’euros pour les commandes passées avant la pandémie de COVID 19. Après cela, l’usine est restée incapable de satisfaire la demande faute de moyen financier.

Pour le spécialiste en Sciences politiques Mark Anner, l’accroissement de la méthode du flux tendu est venu dégrader les droits du travail. C’est alors que les délais de production sont devenus de plus en plus restreints, ce qui a généralisé et normalisé l’utilisation des heures supplémentaires et des sous-traitants. 

C’est la remarque qui a été faite au vu de la situation Bangladaise qui dans les années 90 était deuxième au rang d’exportateur international de textile.

L’externalisation des sweatshops va prendre de l’ampleur au profit des grandes entreprises donneuses d’ordre.

La redistribution inégalitaire des richesses va gagner du terrain grâce au nouveau système financier de l’économie. Les travailleurs et travailleuses sont surexploités pour la bonne marche de l’entreprise pendant que les actionnaires s’en mettent plein les poches. À titre illustratif, la chaîne Kohl’s a annulé une commande de 3 milliards de dollars auprès des entreprises bangladaises durant la période de COVID 19.

Pourtant 10 jours avant, cette même chaîne versait un dividende de 109 millions de dollars à ses associés. Tous ces abus dus à ce nouveau système économique ne pouvaient pas rester dissimulés éternellement. C’est ainsi que dans les années 90, nous allons assister à des campagnes et manifestations contre les grandes entreprises donneuses d’ordre à l’instar de Nike.

Place aux éclats et soulèvements

Eu égard des transgressions répétitives des dispositions de la convention fondamentale de l’organisation internationale du travail (OIT), les scandales ne seront que des manifestations de la colère des travailleurs. Les années 90 sonnent donc le glas des abus et un éveil progressif des consciences. Les mobilisations et mouvements viendront de tous les horizons grâce aux associations d’étudiants et étudiantes en passant par un

déploiement des médias. Nike est énormément remise en question et pour couronner le tout, le magazine Life en 1998 va publier la photographie d’un enfant fabriquant un ballon de la marque.

De plus en plus répandu, le travail des enfants par les sous-traitants sera également constaté dans la région de Salkiot au Pakistan. Des contrôles effectifs s’imposent dès lors, car dans un documentaire intitulé The big one de Michael Moore, Philip Knight le PDG de Nike avoue n’avoir jamais visité l’une de ses succursales sous- traitantes. C’est alors qu’après une visite et constatant l’insalubrité et le non-respect des normes, l’entreprise

Nike sous les conseils d’Hannah Jones va suspendre ses engagements avec l’entreprise Bangladaise Lyric

Industry basée à Dacca. 

Cette résolution est due au simple fait que cette société présentait des dangers pour la vie des employés.

Le même constat va être également fait au Rana Plaza, une entreprise implantée en plein centre du Bangladesh.

La veille de la tragédie impliquant ce géant du textile, des inspecteurs avaient constaté des fissures entraînant immédiatement la fermeture de la banque que ce bâtiment abritait. Malgré les soulèvements des ouvriers, ils étaient censés s’y rendre le lendemain pour le travail sur ordre des décideurs.

Malheureusement, le bâtiment va s’écrouler un 24 avril 2013 et 1135 personnes vont y laisser leur vie. Mango, Benetton, Primark, Camaïeu avaient confié leur production partielle à des sous-traitances basées au Rana Plaza. C’est pour cette raison que ce drame a été considéré comme le plus calamiteux de l’usine textile.

On aurait cru que ces événements malheureux et manifestations changeront le milieu de la mode, mais au lieu de ça, ces actions ont montré leurs faiblesses. Il faut préciser que de nombreuses entreprises se servent des clauses générales de force majeure afin de justifier leur transgression des termes du contrat. Pour preuve,plusieurs entreprises sous le faux prétexte de la pandémie de COVID 19 boycottent les paiements pour des

articles pourtant déjà produits. Cet acte a pour conséquence de laisser plus de 2 millions d’ouvriers bangladais du secteur textile dans la précarité.

Place aux éclats et soulèvements

Eu égard des transgressions répétitives des dispositions de la convention fondamentale de l’organisation internationale du travail (OIT), les scandales ne seront que des manifestations de la colère des travailleurs. Les années 90 sonnent donc le glas des abus et un éveil progressif des consciences. Les mobilisations et mouvements viendront de tous les horizons grâce aux associations d’étudiants et étudiantes en passant par un déploiement des médias. Nike est énormément remise en question et pour couronner le tout, le magazine Life en 1998 va publier la photographie d’un enfant fabriquant un ballon de la marque.

De plus en plus répandu, le travail des enfants par les sous-traitants sera également constaté dans la région de Salkiot au Pakistan. Des contrôles effectifs s’imposent dès lors, car dans un documentaire intitulé The big one de Michael Moore, Philip Knight le PDG de Nike avoue n’avoir jamais visité l’une de ses succursales sous- traitantes. C’est alors qu’après une visite et constatant l’insalubrité et le non-respect des normes, l’entreprise Nike sous les conseils d’Hannah Jones va suspendre ses engagements avec l’entreprise Bangladaise Lyric Industry basée à Dacca. 

Cette résolution est due au simple fait que cette société présentait des dangers pour la vie des employés. Le même constat va être également fait au Rana Plaza, une entreprise implantée en plein centre du Bangladesh.

La veille de la tragédie impliquant ce géant du textile, des inspecteurs avaient constaté des fissures entraînant immédiatement la fermeture de la banque que ce bâtiment abritait. Malgré les soulèvements des ouvriers, ils étaient censés s’y rendre le lendemain pour le travail sur ordre des décideurs. Malheureusement, le bâtiment va s’écrouler un 24 avril 2013 et 1135 personnes vont y laisser leur vie. Mango, Benetton, Primark, Camaïeu avaient confié leur production partielle à des sous-traitances basées au Rana Plaza. C’est pour cette raison que ce drame a été considéré comme le plus calamiteux de l’usine textile.

On aurait cru que ces événements malheureux et manifestations changeront le milieu de la mode, mais au lieu de ça, ces actions ont montré leurs faiblesses. Il faut préciser que de nombreuses entreprises se servent des clauses générales de force majeure afin de justifier leur transgression des termes du contrat. Pour preuve, plusieurs entreprises sous le faux prétexte de la pandémie de COVID 19 boycottent les paiements pour des articles pourtant déjà produits. Cet acte a pour conséquence de laisser plus de 2 millions d’ouvriers bangladais du secteur textile dans la précarité.

Selon Human Rights Watch (HRW) « beaucoup font un usage douteux des clauses générales de force majeure pour justifier leurs violations des termes du contrat ». Mais malgré cela, les multinationales refusent encore à l’heure actuelle d’admettre leur culpabilité.

Les raisons avancées

Pour se justifier, les grandes entreprises donneuses d’ordre prétextant n’avoir aucune idée de ce qui se produit chez leurs sous-traitants. On se demande si cela les préoccupe réellement. Il faut préciser que le sous-traitant est lui-même abusé ici, car non seulement il ne dispose d’aucun privilège différent de l’ouvrier, mais il est également tenu par les délais courts et limités à cause de l’environnement très compétitif dans le secteur du

textile. Le délai moyen est ainsi passé de 94 jours à 86 jours entre 2011 et 2016 pour la livraison d’une commande. Il est alors contraint de se faire violence et de se sacrifier pour garder son contrat avec la multinationale.

Le créateur et PDG de Nike Phil Knight martelait à cet effet que Nike est devenu le symbole de « salaires de misère, travail forcé et mauvais traitements ». Cet aveu de culpabilité et de responsabilité du 12 mai 1998 lors d’une conférence va entraîner la mise en place discrète d’un code de conduite et d’un service interne pour l’évolution de ses usines.

Mais la concurrence avec Adidas va ébranler ces engagements bafouant ainsi de nouveau l’éthique. Il faut ajouter qu’entre 1995 et 2017, la part perçue par les ouvriers sur une paire de chaussures a chuté de 30 %. En plus, Nike a nié sa collaboration avec plusieurs entreprises impliquées dans le scandale du Rana Plaza en refusant de contribuer à l’indemnisation des victimes, et lorsqu’elle le faisait, c’était à condition de conserverl’anonymat.

Certaines ONG françaises et syndicats ont dû appuyer l’adoption de la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordres, pour la voir finalement adoptée par le parlement en 2017. Ce qui a encouragé les pays d’Europe et l’OIT à réfléchir sur des textes semblables.

Malheureusement, force est de constater que rien de concret n’a été fait depuis le scandale de Nike il y a 22 ans et le drame du Rana Plaza il y a 7 ans. Il est donc temps de payer décemment les ouvriers du textile jusqu’ici sans revenus depuis la pandémie de COVID 19 par les grandes chaînes comme Elles, Uniqlo, Levi’s ou Primark.

Tout ceci malgré le fait qu’elles se sont appropriées le concept de Black Lives Matter.